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Le Verbe du Très-Haut

Le Verbe du Très-Haut
Je sais, j'étais suspendu là, à cet arbre
Balayé par les vents,
Me balançant pendant neuf longues nuits,
Blessé par ma propre lame,
Ensanglanté par moi-même,
J'étais là, moi, Odin, offrande
Liée à cet arbre
Que nul autre ne peut connaître,
Proche de la source de ses racines.

Personne ne m'a donné de pain
Personne ne m'a donné à boire.
J'ai scruté les ténèbres les plus profondes
Jusqu'à ce que j'aperçoive les Runes.
Avec un rugissement, je m'en suis saisi.
Ensuite, pris de vertige, m'évanouissant,
Je suis tombé évanoui.

Dès lors, je progressai en sérénité
Ainsi qu'en sagesse.
Je me perfectionnai
Et retirai de la joie de mes progrès:
D'un mot à un autre,
Je fus conduit à un verbe,
Et d'un exploit à un autre exploit.


Traduit du vieux norrois
L'Edda poétique (XIII° siècle)
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# Posté le samedi 22 janvier 2005 10:45

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